Edito

Alors que tous les regards sont tournés vers les débats sur les futures alliances au sein du Parlement européen et le nom du prochain Président de la Commission européenne, un processus, plutôt discret mais pas des moins importants est en train de faire son chemin au sein des institutions européennes: la négociation du cadre financier pluriannuel de l’UE (CFP) pour la période 2021 – 2027. C’est-à-dire la définition du budget européen jusqu’à 2027.

“Il faut être un sacré europhile pour suivre les discussions du cadre financier pluriannuel de l’UE”, constate une chercheuse française en économie. En effet, le processus est long, complexe et pas très transparent. Or, il est essentiel car il reflète finalement les priorités politiques de l’UE pour les années à venir.

A l’occasion de ce numéro 306, nous avons décidé de mettre en débat les ressources qui seront dédiées à la coopération au développement par l’UE et les orientations stratégiques qui déterminent ces décisions.

En ce qui concerne l’aide au développement, l’UE est un acteur majeur au niveau mondial. Si l‘on cumule ses dépenses de développement avec celles de ses pays membres, elle est le premier donateur d‘aide au monde. À elles seules, les institutions de l‘UE sont le quatrième donateur d‘aide au monde, derrière les États-Unis, l‘Allemagne et le Royaume-Uni.

Il s’agit donc d’un acteur généreux mais si nous commençons à examiner de près l’utilisation de cet argent, certaines tendances inquiétantes émergent. La société civile constate qu’une partie de l’aide est utilisée pour des objectifs qui ont peu avoir avec l’éradication de la pauvreté et qui servent plutôt les intérêts économiques et géopolitiques de l’UE.

Au niveau de la coopération avec d’autres régions, comme par exemple l’Amérique latine, la coopération sur le plan économique semble l’emporter sur les questions de droits humains et environnementales. Quelle sera la stratégie de l’UE face à des dirigeants comme Jair Bolsonaro au Brésil ? Les réponses ne vont pas tarder. L’Europe est en train de négocier un accord de libre échange avec les pays de Mercosur (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay). Plus de 340 organisations de la société civile appellent à mettre immédiatement un terme aux négociations en raison de la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil. L’UE va-t-elle les écouter?

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