Editorial

« Le monde n‘a jamais vu une menace de cette ampleur pour les droits humains. Les économies de toutes les nations, le tissu institutionnel, politique, social et culturel de chaque État et les droits de tous vos peuples – et des générations futures – seront touchés. »

Lors de son discours d’ouverture de la 42ème session du Conseil des droits de l’Homme en septembre, la Haute Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, Michelle Bachelet, a mis les Etats en garde : le changement climatique constitue la plus grande menace pour les droits humains.

Alors que les cris et les sonnettes d’alarme ne cessent d’émaner de tous les côtés – experts, scientifiques, jeunes – les dirigeants ont malheureusement de nouveau échoué à se mettre d’accord et à passer à l’action face «à la plus grande menace» lors de la COP 25 à Madrid. Faut-il attendre la disparition d’un pays ou d’un peuple afin que le danger soit enfin pris au sérieux?

Les dix dernières années ont apporté une reconnaissance croissante du lien entre les droits humains et le changement climatique, y compris dans les tribunaux et les organismes des droits humains. Cette année, le Rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Philipp Alston, a présenté un rapport sur «Changement climatique et pauvreté» qui fait état des conséquences dévastatrices du changement climatique pour les personnes vivant dans la pauvreté. Même dans le meilleur des cas, des centaines de millions de personnes seront confrontées à l’insécurité alimentaire, à la migration forcée, à la maladie et à la mort. Selon le rapport, le changement climatique menace l’avenir des droits humains et risque de réduire à néant les progrès réalisés au cours des cinquante dernières années en matière de développement, de santé mondiale et de réduction de la pauvreté.

Lors de la COP 25, le Center for International Environmental Law a présenté son nouveau rapport «Rights in a changing climate», financé par le gouvernment luxembourgeois, dans lequel l’organisation plaide pour une approche de l’action climatique fondée sur les droits humains. Le rapport examine notamment comment la dimension des droits humains peut être intégrée dans la mise en oeuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique par les Etats membres.

La présentation de ce rapport ne fut pas l’unique événement remarquable de la COP 25. La conférence fut également l’occasion pour la Commission des droits humains des Philippines de présenter les résultats d’une enquête menée depuis 3 ans qui conclut que les entreprises fossiles peuvent être tenues responsables, juridiquement et moralement, de violations des droits humains liées au changement climatique.

 

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