Piles, batteries, accumulateurs: qu‘en est-il du recyclage au Luxembourg?

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Quel est le processus pour recycler les piles électriques ? Comment les matériaux sont-ils réutilisés?

Le traitement des piles alcalines et salines (piles sèches) et/ou en mélange est le suivant: après un travail de tri, les piles alcalines et salines sont broyées pour subir une séparation dimensionnelle en plusieurs fractions :
– La fraction « Black-mass » est traitée par procédé Waelz pour récupérer le zinc
– La fraction « non-magnétique » (p.es. plastiques non valorisables) est envoyée dans un centre d’enfouissement ou vers l’incinération
– La fraction « magnétique » subit un traitement pour séparer la fraction métallique ferreuse de la fraction métallique non ferreuse.
Recevez-vous des batteries électriques de voiture ou de bus à recycler?

La SuperDrecksKëscht peut accepter des batteries électriques de voiture (p.ex. voitures hybrides ou voitures électriques). Vu qu’il s’agit d’une technologie encore assez jeune, les quantités de batteries électriques sont encore limitées. Est-ce qu’il y a des processus mis en place au Luxembourg pour recycler les batteries électriques de véhicules ?

Il n’existe pas d’installation de recyclage de batteries ou piles au Luxembourg. Or ,le Luxembourg est bien préparé pour garantir une collecte et un stockage sûr des piles.
L’asbl ECOBATTERIEN organise l’enlèvement et le traitement des piles et accumulateurs à partir des infrastructures de collecte sélective des déchets problématiques conformément aux exigences légales.
L’asbl ECOBATTERIEN est une initiative privée émanant conjointement d’ECOTREL ASBL, de la CLC, de la Fédération des Artisans et de la Fedil et sa mission consiste à endosser les obligations légales à charge des producteurs et des importateurs de piles et accumulateurs.
ECOBATTERIEN et l’action SuperDrecksKëscht ont mis en place un système de collecte et de stockage des batteries électriques (accumulateurs industriels) en utilisant des caissons de sécurité équipés d’un système d’extinction autonome et automatisé. Les deux partenaires insistent fortement sur les règles de manipulation des batteries électriques qui sont rigoureuses (p.ex. isolation des pôles pour éviter des courts-circuits).
Ces caissons de sécurité sont indispensables pour des raisons de sécurité, car les batteries électriques – renfermant du lithium – peuvent s’enflammer et provoquer un incendie, surtout s’il s’agit de batteries défectueuses.
Après stockage au centre logistique de la SuperDrecksKëscht, les batteries électriques sont transférées dans des usines de recyclage spécialisées installées en Europe (p.ex. société SNAM en France). Ces installations de recyclage sont régulièrement auditées par la SuperDrecksKëscht.

Quels sont les matériaux qui peuvent être recyclés au niveau des batteries électriques des véhicules ?

Après une opération de désassemblage/démontage de la batterie, tous les éléments constitutifs de la batterie sont retirés et triés par filière de valorisation puis par catégorie.

Les catégories valorisées sont :
– Métaux ferreux (fer, acier)
– Métaux non ferreux (cuivre…)
– Cartes électroniques
– Câbles, connectiques
– Plastiques (en fonction de la typologie du plastique)
Les modules et/ou cellules vont subir le processus schématique ci-dessous (voir page suivante).
Après avoir subi un traitement par pyrolyse, les déchets pyrolysés sont séparés en plusieurs fractions par une opération de tamisage et séparation magnétique.
La fraction pulvérulente (la plus fine – mélange cobaltifère), principalement du carbone, du graphite, du manganèse et des oxydes métalliques est envoyée vers un traitement d’hydrométallurgie pour valoriser encore les métaux contenus. Ce mélange cobaltifère peut renfermer entre 10% et 30% de cobalt.
Les fractions métalliques sont envoyées dans des filières de valorisation des métaux ferreux et non-ferreux.

Que se passe-t-il avec les pièces des appareils électroniques qui ne peuvent pas être recyclées?

L’asbl ECOTREL est un organisme agréé qui endosse les responsabilités des producteurs et importateurs d’équipements électriques et électroniques (EEE), dans le cadre du régime de la Responsabilité Elargie du Producteur.
La filière du recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) ne se base pas sur la notion de recyclage d’un appareil entier, mais sur le recyclage individuel de ses composants (après dépollution), qui peuvent eux-mêmes être décomposés et orientés vers les différents flux de matières (plastiques, métaux dont métaux précieux, verre, bois,…).
En principe, il n’y a pas d’appareil qui ne puisse pas être recyclé. La première étape d’une opération de recyclage consiste à démanteler l’équipement en prenant soin de collecter toutes matières dangereuses, tels que les déchets de piles et accumulateurs, puis à en séparer les différents composants selon leur nature. L’étape du démantèlement est réalisée ici au Luxembourg par opération manuelle afin de maximiser la qualité des matières réutilisables et recyclables, hormis pour les appareils réfrigérants qui sont emmenés auprès d’un prestataire à Mettlach (Allemagne). Ces fractions sont ensuite introduites majoritairement dans des filières de recyclage sauf quand elles ne peuvent pas ou plus être recyclées (par exemple en cas de souillure par un déchet dangereux). Ces déchets deviennent alors des déchets ultimes.

L’utilisation de minéraux tels que le lithium, le nickel, le cobalt et le magnésium, pour fabriquer des véhicules électriques ou pour développer des énergies renouvelables, devrait connaître une très forte croissance à l’avenir. Quelle sont les défis pour pourvoir utiliser d’une manière durable et responsable ces ressources?

L’enjeu majeur, c’est le recyclage et la réutilisation des pièces/batteries réutilisables. A cette fin, le groupe SNAM est un acteur dans le recyclage de batteries usagées qui propose également des solutions de stockage d’énergie avec des batteries produites à partir de composants recyclés issus de véhicules électriques. Dans ce contexte, les cellules encore fonctionnelles sont réutilisées – après avoir subi un contrôle de fonctionnalité et de sécurité – pour fabriquer des équipements de stockage d’énergie (p.ex. pour des installations photovoltaïques). Ceci permet de rallonger la durée de vie des batteries et de leur offrir une deuxième fonctionnalité. Les batteries électriques non réutilisables seront traitées dans les installations de recyclage.
Le recyclage permet de limiter les décharges et de pouvoir produire des matières premières secondaires pour être réinjectées dans l’économie circulaire. Les installations de recyclage permettent de produire des matières premières secondaires, donc des nouvelles ressources, qui peuvent être utilisées dans la fabrication de nouveaux produits. A côté des matières comme le fer ou le zinc, SNAM réinjecte par ses activités de recyclage dans l’économie européenne certains métaux, déclarés comme des matières prioritaires par le «Comité pour les métaux stratégiques», comme p.ex. l’aluminium, le cobalt, le cuivre, le fer ou encore le nickel.


Collecte et recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et de piles et d’accumulateurs au Luxembourg

En 2016, 11.837,22 tonnes d’équipements électriques et électroniques ont été mis sur le marché luxembourgeois, dont environ 2000 tonnes de matériel informatique et de communication (dernières statistiques disponibles).
Au cours de cette année, 6085,88 tonnes d’équipements électriques et électroniques ont été collectés auprès des ménages privés et 105,62 tonnes auprès d’autres sources. La totalité de la collecte a été traitée dans un autre État membre. Aucun équipement n’a été traité en dehors de l’UE selon l’Administration de l’Environnement.
En 2016, 5.795 tonnes d’équipement ont pu être récupérés et 5.413 tonnes ont été préparés en vue de leur réutilisation et de leur recyclage, ce qui représente environ la moitié de ce qui a été mis sur le marché la même année.
Selon le rapport relatif aux piles et aux accumulaters, disponible sur le site de l’Administration de l’Environnement, en 2017, environ 108 tonnes d’appareils, de piles et d’accumulateurs usagés ont été collectés par les systèmes de collecte existants.
Lors du recyclage des piles et des accumulateurs, on distingue les piles et les accumulateurs au plomb, les piles et les accumulateurs au nickel-cadium et les autres piles et accumulateurs.
En 2017, les piles et les accumulateurs au plomb ont été recyclé à 90 %, celles au nickel-cadium ont été recyclés à 80,51 % et les autres à 58,04 %. Cela signifie que les valeurs de recyclage dans les trois catégories sont supérieures aux valeurs cibles de la directive européenne 2006/66/CE relative aux piles et accumulateurs ainsi qu’aux déchets de piles et d’accumulateurs (65%, 75%, 50%).

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