Comment l’agenda méditerranéen de l’UE accentue l’exploitation, les inégalités et les déplacements de population dans la région MENA et dans les pays du Sud global

En janvier dernier, soit un mois après le lancement officiel par l’Union européenne (UE) du Pacte pour la Méditerranée, un nouveau cadre définissant les priorités géopolitiques et économiques de l’Europe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue en Jordanie, en Syrie et au Liban pour mettre en œuvre les objectifs du Pacte. Bien que le Pacte pour la Méditerranée soit présenté comme un processus de « co-création » et de « coopération » entre l’Europe et la région MENA, une lecture rapide du document révèle qu’il est en réalité imprégné d’un langage colonial et qu’il est motivé par la volonté de l’Europe de consolider et d’étendre son pouvoir économique et politique sur la région.